Week end Spéléo, Canyon et Via!

Publié le par Serge V. Lalou un peu

Participants : Alex, Bart, Bruno, Fabienne, Fabrice, Lalou, Marie, Serge V et Sonia

Préambule : suite à l’annulation, pour cause de météo, de l’initiation plongée spéléo à Gourneyras ; une solution de repli agita nos neurones. Une synapse s’établit dans le mien, résultat : La traversée de Saint Marcel via l’aven de Despeysse fût envisagée, car d’une part plusieurs des participants ne connaissaient pas la cavité et pour d’autres la précédente visite datait de cinq ans. Par chance la clé nécessaire à la traversée était disponible pour le week-end…

Vendredi nous nous retrouvâmes pour l’essentiel au camping municipal de Salavas. La météo étant de la partie, le camping fût préféré au bivouac pour diminuer les distances de trajet et ainsi profiter d’un peu de confort par rapport à un bivouac sauvage. L’arrivée du fourgon de Lalou à 22h04, se heurta à une barrière automatique récalcitrante ne s’ouvrant plus après 22h00. Devant l’heure tardive et le programme chargé du lendemain les retrouvailles ne se prolongèrent guère.

Samedi matin, lever du camp à 7h30 pour un départ du camping à 8h15 ! Autant dire que le programme partait sur de bonnes intentions !

Nous prîmes le chemin de Bidon pour récupérer la clé chez Hans, la bonne nouvelle étant que la porte de la cathédrale est actuellement hors service.

Petite explication : usuellement pour réaliser la traversée il faut, après s’être dûment enregistré auprès du spéléo club Saint Marcellois, récupérer 2 clés. L’une pour ouvrir la grille de la sortie de la grotte de Saint Marcel, située sous un porche donnant dans les gorges 40m au dessus de l’Ardèche , et ainsi remonter le réseau sur environ 500m pour ouvrir une trappe (au lieu dit la cathédrale). Trappe qui protège l’accès à la partie touristique de la cavité depuis l’amont (et donc depuis l’autre entrée du plateau prénommée Despeysse). A relire plusieurs fois si la première lecture n’est pas digérée !

Nous reprenons donc la route jusqu’à l’épingle où un réseau de pistes mène à l’entrée de Despeysse. Suite à la rencontre fortuite d’une « souche »  de buis avec le pneu arrière droit du fourgon de Lalou, nous opérons une pause pour changement de pneu…

Bruno et moi même en profitons pour partir devant à pied à la recherche de l’entrée, dans nos mémoires, elle se situait pas trop loin de la route !!! A notre décharge la précédente explo s’était déroulée après bivouac et donc avec une arrivée tardive voire même de nuit à l’entrée de Despeysse. Tout cela pour dire que même si Lalou eut vite changé le pneu avec l’aide de Bart, l’aven n’était toujours pas localisé ! Cela nous permit quand même de temporiser et de récupérer Alexandre en provenance le matin même de Millau. Gloire à Bruno qui retrouva l’entrée bien plus loin que dans nos souvenirs.

Le convoi s’ébroua donc vers l’entrée de Despeysse, séquence étalage du matériel et de tout le toutim, il ne devait pas être loin de 10h.

Comme l’indique le titre il s’agissait d’une traversée, qui dit traversée, dit prévoir le positionnement judicieux des véhicules motorisés pour éviter 8 km de marche, au bas mot, à la sortie de l’explo pour revenir à notre point de départ. Lalou, Bruno et moi-même partîmes donc en direction de la sortie du réseau de St Marcel pour laisser les 2 fourgons (équipés d’antivol actif canin de marque Ebène et Lucky pour ceux qui connaissent) en attente, le parking de la cavité touristique fermant à 18h on préféra descendre par la piste, le plus bas, et le plus près possible du porche d’entrée de St Marcel. Tout cela prenant un peu de temps, y compris celui de ré accéder à Despeysse et de s’équiper, il était aux environs de 11h15 lorsque l’équipée des 9 spéléos fit chauffer ses descendeurs.

Bart ayant pris un peu d’avance dans l’équipement des puits d’entrée (P10, P21, P6, P24, P7) durant l’épisode logistique véhicules, Lalou et lui, mirent guère de temps à finir l’équipement jusqu’au bas des puits (-108). La descente se fît, de ce que j’en ai vu (étant donné que je fermais la marche), sans anicroches particulières, même le pendule terminal se fît sans juron particulier (peut être aussi grâce à l’aide de Bart). Nous entamâmes donc la suite qui consistait en une succession casse patte de ressauts et opposition sur environ 250m. Bien qu’il n’y avait pas difficultés particulières les cordes laissées en place depuis le bas des puits, se révélèrent bien utiles eu égard au coté patinoire de la roche qui visiblement a vu, au fil des ans, passer grand nombre de spéléos dits « polisseurs glaisotophiles ». Glaise qui fait aussi gonfler les cordes en place et permirent à beaucoup de s’initier au descendeur en mode 0.

En aparté, j’en profite pour lancer un avis de recherche pour un descendeur Acles accompagné de son fidèle Handy Raumer. Vu pour la dernière fois lors de la plongée du Coutal de Franck au mois d’Octobre. Et oui c’est cela, faire de la spéléo tous les 6 mois…, et merci à Bruno pour le prêt du Stop.

Peu de temps avant de jonctionner avec le réseau principal, les estomacs de certains criants de plus en plus fort, imposèrent l’arrêt de la troupe pour le traditionnel casse-croûte souterrain aux alentours de 13h30.

Une fois les ventres rassasiés, nous repartîmes plein d’entrain, et il vaut mieux car on venait de parcourir 350m et il nous restait pas loin de 5km à faire !…Et comme on n’était pas à quelques mètres près on remonta le réseau sur 100 m pour admirer (le terme ne me semble pas trop fort, et je vais devoir sortir mon dictionnaire de synonymes pour la suite du récit) un superbe puits ascendant de 18 m (spécial dédicace à François B en souvenir de l’épopée de l’aven de Sauveterre)

A partir de maintenant nous évoluons donc dans de vastes conduites entrecoupées de petits ressauts ou de petites escalades, ainsi que de jolies concrétions sous presque toutes leurs formes communes, prétextes à de petites pauses photographiques sous la direction de notre Doisneau du jour à savoir Bruno. Il est vrai que la cavité développant plus de 50 Km de réseau topographiés, elle offre une multitude de centre d’intérêts devant la diversité spéléologique rencontrée. Y compris le coté labyrinthique par endroit, qui a conduit les gestionnaires de la traversée à mettre en place un balisage qui de plus, semble s’améliorer au fil de nos visites (certains des participants se souviendront de longues heures d’errance à la recherche de la sortie…)

Histoire de nous ramener à une pratique spéléologique plus habituelle, après environ 2 Km de galerie taille XL vinrent des galeries dans un premier temps de moins en moins destinées aux homos erectus, comprendre que le plafond eu tendance à railler le casque des plus grands, leur imposant une démarche grotesque (c’est le cas de le dire) qui à la longue devint pénible. Le tout agrémenté pour ma part, par une hausse de température corporelle conséquente, eu égard à la non adéquation de nos sous combis lozériennes, à la spéléo ardéchoise ; ainsi qu’au rythme soutenu que Lalou, courant devant, à la recherche de petites flèches salvatrices, nous imposait. Vint le seul moment où la cavité nous imposa le plat ventre, histoire d’utiliser le qualificatif d’étroiture, indiquant aussi l’imminence de l’arrivée au lieu dit la cathédrale. La trappe étant effectivement absente, elle fut franchie d’autant plus facilement, on retrouva alors rapidement les grands volumes. Malheureusement ceux-ci sont défigurés par de très nombreux tags, d’un temps ancien, où la cavité n’était pas protégée par la grille de l’entrée naturelle…

Les quelques centaines de derniers mètres furent donc rapidement foulés, à peine entrecoupées par un ressaut d’environ 8m équipés d’une échelle en dur.

Par chance la poche de ma combi emprisonnait encore la clé du cadenas pour ouvrir notre échappatoire, clic clac et la bobinette cherra, par contre j’ai bien lutté 5 minutes pour arriver à le refermer en tâtonnant. Le temps nécessaire pour rejoindre les fourgons équipés de leur antivol canin toujours actifs….Ma montre indiquait alors 17h30, le temps de quitter les combis et de se restaurer un peu, les moteurs vrombirent en direction de Despeysse. Sur place Bart et Lalou furent rééquipés en un clin d’œil et disparurent pour le déséquipement des puits. Je ne sais quel temps ils leur fallu pour ressortir car l’équipée se décomposa rapidement avec le départ successif d’Alex pour Millau ainsi que Marie et moi-même pour Montbrison.

Je pense, sans avoir sondé le sentiment de chacun, que cette journée sous terre, fut un moment de convivialité spéléo qui demanderait à se renouveler plus souvent, si seulement les disponibilités de chacun nous le permettaient.

Sur le déséquipement des puits d’entrée, Bart avait parié sur une heure et quart, Lalou sur trois quarts d’heure. Une petite course descente (avec un superbe dépassement de Lalou sur un intérieur d’étroiture) leur permit d’attaquer le déséquipement dix minutes après l’entrée, vers -100. Cela semblait bien parti, Lalou prit même son temps en remontant le P 25 d’observer les traces de l’escalade primordiale (l’entrée actuelle, artificielle, fut percée après repérage magnétique). Bart récupéra son premier kit, et là, catastrophe, il prit plus de dix minutes à sortir de l’avant-dernier puits (une histoire foireuse de kit emmêlé…).

Coïncidence, Lalou avait du coup perdu son pari en sortant dehors à son tour ! (Le déséquipement avait au total pris une heure et trois minutes…)

Cela avait permit néanmoins de revoir certaines règles du déséquipement, et de nous prendre une petite suée ; Lalou n’a donc pas trop protesté de son mauvais esprit.

Nous partîmes ensuite pour rejoindre notre bivouac habituel du barrage du Rouganel, en passant par la route touristique, c'est-à-dire suivre le Chassezac à partir des Vans.

Bart (décidemment en forme) profita de l’occasion pour nous gratifier d’une démonstration de « repérage instinctif avec carte », discipline méconnue, qui nous fit perdre vingt minutes, rattrapées par un style de conduite « moins poussif que d’habitude », au dire de Fabrice et de Sonia.

Le camping-car des Souches rejoint, nous pûmes profiter du paysage des gorges et de l’ancienne mine de Pied de Borne aux multiples entrées.

La fin s’ensuivit sans surprises jusqu’au bivouac où l’on rejoignit Yohann et sa copine, et où l’on se restaurât et se reposât (et où l’on fit une petite partie de Base Bogue, comme à notre habitude : Bart gagna à la deuxième manche, Yo perdit mais c’était sa première fois).

Le jour se leva, annonçant un bouleversement dans la vie de Fabrice: son premier canyon!

Le canyon du fustugère, en haut à cette date, est essentiellement vertical, avec des longueurs de rappel n’excédant pas 20m. Très agréable, avec en plus du soleil, la descente fut que du bonheur.

Finissant assez tôt, et pour les Lozériens (les Ardéchois et Lyonnais préférant faire de la route) nous décidâmes de finir en rentrant par la Via de Villefort, superbe avec le ciel bleu se reflétant dans le lac... Avant la fin, Fabrice se sacrifia pour prendre des photos de nous sur le dernier segment (c'est tout à son honneur!).

Fin de l'expé en fin de journée, après ce week-end chargé mais particulièrement diversifié!

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Publié dans Expé

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